Modifié le jeudi 27 fév. 2020, 15 h 11


La découverte d’un oiseau rare ou inhabituel est l’un des grands moments de la pratique de l’ornithologie. Dans un tel cas il est essentiel de joindre à cette mention remarquable certains éléments d’information pour le bénéfice des autres usagers d’eBird.

 

Quelle « documentation » peut-on ajouter?

Il peut s’agir de commentaires écrits, de photos, d’enregistrements sonores ou de vidéos d’un oiseau ou de plusieurs. Ces éléments sont essentiels pour étayer une observation inhabituelle ou inattendue. On doit toujours s’efforcer de produire les meilleurs éléments d’information possibles. Plus vous fournirez d’information pertinente, plus les autres usagers seront en mesure d’apprécier votre mention.

 

Quand doit-on étayer une observation?

On vous demande d’apporter un complément d’information lorsque les filtres automatisés d’eBird détectent une espèce ou un nombre inhabituel dans votre liste d’observation. Dans certains cas vous ne pourrez pas soumettre votre liste sans joindre au moins un commentaire à la mention en question. Nous vous encourageons fortement à étayer vos observations sur vos listes même lorsque vous n’y êtes pas obligé. Un court commentaire sur ce que vous avez vu ou entendu sera utile aux autres usagers d’eBird et aux réviseurs régionaux, et il pourra devenir pour vous un merveilleux souvenir dans quelques années. 

 

Les décomptes aussi peuvent être étayés par une information complémentaire! Si on vous demande de justifier un décompte inhabituel pour une espèce donnée, vous pouvez joindre une photo ou un enregistrement sonore de la troupe d’oiseaux. Vous pouvez également expliquer comment vous les avez comptés et pourquoi vous êtes certain de votre résultat, ou les deux à la fois, par exemple, « nombre exact, oiseaux comptés un par un dans la grande troupe », ou encore « estimation par groupes de 100 pendant que les oiseaux passaient devant moi ». (Pour en savoir plus sur les différentes méthodes de décompte, voir cet article.)

 

Qu’est-ce qui ne constitue pas un élément d’information pertinent?

À eBird, nous n’acceptions que les notes, les enregistrements et les photos d’oiseaux sauvages vivants. Nous ne considérons par les traces, les plumes, les nids, les œufs, les boulettes de régurgitation, etc. comme des « éléments d’information ».

 

Comment dois-je étayer mes observations?

C’est une étape à la fois importante et facile! Tous les usagers d’eBird peuvent joindre d’excellentes informations complémentaires à leurs mentions les plus remarquables en suivant les simples étapes suivantes : 1) joindre des fichiers lorsque c’est possible, 2) rédiger une description détaillée. Avant de commencer, voyez la vidéo de notre cours sur l’essentiel d’eBird ou lisez les conseils qui suivent. 

 


1. Créer des fichiers

Les photos et les enregistrements sonores sont les meilleurs types de documents possibles. Même un fichier de mauvaise qualité peut permettre de lever tout doute sur l’identification d’une espèce. Voyez notre article Téléversement des fichiers multimédias. Tout le monde y gagnera : vous bénéficierez de l’archivage gratuit et permanent de vos mentions d’oiseaux rares dans eBird, et vos fichiers s’ajouteront aux vastes archives scientifiques de la Macaulay Library.

 

https://s3.amazonaws.com/cdn.freshdesk.com/data/helpdesk/attachments/production/48004275758/original/WG4hcAbR0iJggYud6w8Jd1veHOrl_FGISA.png?1565963629

 

Informations complémentaires à un décompte élevé de Buses pattues, par Karl Bardon (S50147388).

 

Pour fournir ces fichiers complémentaires, vous n’avez besoin ni d’un appareil photo sophistiqué, ni d’un matériel d’enregistrement sonore coûteux. Une photo prise à travers vos jumelles (par digiscopie) ou un enregistrement sonore produit à l’aide de votre téléphone intelligent sont des documents parfaitement valables!

 

2. Rédiger une description complète

Nous ne disposons pas tous d’un appareil photographique ou d’enregistrement sonore, et même la meilleure photo ne saurait remplacer l’expérience personnelle. Une description détaillée et complète de ce que vous avez vu ou entendu peut être extrêmement utile, qu’elle soit accompagnée ou non d’un fichier électronique. L’expérience nous montre qu’en prenant des notes d’observation sur le terrain, on améliore ses compétences et on tire un meilleur profit de ses sorties ornithologiques. Ci-dessous, vous trouverez quelques conseils sur la façon de rédiger une description.

 

Le mieux est de faire une description fidèle : expliquez comment vous avez dénombré les oiseaux dans le cas d’un décompte élevé, ou quels caractères d’identification vous avez relevés dans le cas d’une espèce « rare ». Pour en savoir plus sur ce qui fait une bonne description d’oiseau, voir ci-dessous Éléments de la description d’un oiseau; nous vous recommandons également cet article très utile de Dave Irons (en anglais seulement).


Éléments de la description d’un oiseau

La réviseur Lauren Harter a fait un excellent résumé des éléments de la description d’un oiseau, en commençant par les plus utiles. N’oubliez pas : toutes les informations que vous pourrez fournir sont utiles, et il n’y en a jamais trop. 

 

Données les plus utiles

Caractères distinctifs

La plupart des espèces d’oiseaux ont des caractères qui leur sont propres et qui permettent de les distinguer même des autres espèces qui leur ressemblent le plus. Dans votre description, indiquez quelles sont les caractères les plus remarquables qui vous ont permis d’identifier cette espèce inhabituelle, par exemple « cercle oculaire incomplet », « deux barres alaires blanches », « cri distinctif, un ouit répété ». De façon générale il est bon de citer au moins trois caractères distinctifs indépendants (visuels ou auditifs) que vous avez relevés. En cas de doute, décrivez tous les caractères que vous avez observés.

 

Expliquez comment vous avez éliminé les espèces semblables

Ce volet est souvent plus utile que la description de l’oiseau lui-même! Il n’est parfois pas nécessaire (il est difficile de confondre un Passerin nonpareil mâle adulte avec une autre espèce). Mais comment éliminer les possibilités de confusion avec un presque sosie? Voici la description d’un Ibis falcinelle observé hors de son aire de distribution : « grand oiseau foncé, rougeâtre luisant et brun, long bec courbé vers le bas, lignes claires sur la face ». Dans ce cas il pourrait très bien s’agir d’un Ibis à face blanche! En ce qui concerne les espèces rares, il est très utile d’expliquer comment vous avez exclu les espèces semblables.

https://s3.amazonaws.com/cdn.freshdesk.com/data/helpdesk/attachments/production/48004275858/original/WXI7mEIcu3CEQgUbMrCgVTZnSF6fhLaM0g.png?1565963662Renseignements accompagnant une mention d’Ibis à face blanche, Michael Brown (S37280165).

 

Prenez des notes détaillées sur le terrain

Le meilleur moment pour prendre des notes, c’est dès que vous voyez ou entendez l’oiseau en question, sur le terrain, idéalement directement dans eBird Mobile. Quel était l’aspect de l’oiseau en question? Quel était son comportement? Émettait-il des vocalisations? Même si vous avez pris une photo ou un enregistrement audio, toute description notée « sur le vif » sera encore très précieuse. Lorsqu’on apprend à bien décrire un oiseau sur le terrain, on améliore immanquablement ses talents d’observateur. 

 

Prendre note de l’âge et du sexe de l’oiseau

Lorsqu’il est possible de les déterminer, ces deux critères sont des éléments essentiels de la description. Chez de nombreuses espèces, les individus peuvent avoir un aspect radicalement différent selon leur âge et leur sexe, ce qui peut rendre leur identification beaucoup plus facile ou beaucoup plus difficile. 

 

Indiquez que vous êtes conscient d’être en présence d’une rareté

Si vous parcourez les observations dans eBird, vous avez peut-être remarqué des commentaires tels que « *précoce », « **très rare », « ***première mention dans le comté » ou « ****MEGA!!! ». Nous encourageons les observateurs à faire des ajouts de cette nature pour attester qu’ils sont conscients d’être en présence d’une rareté. Voici quelques exemples de ce que vous pouvez écrire pour indiquer au réviseur que vous avez réfléchi à cette mention :

« mon premier du printemps, tôt pour cette année »,

« je parcourais une troupe de Bécassins à long bec à travers laquelle j’espérais voir le Bécassin roux, qui aurait été une mention spéciale pour l’État, et lorsque j’ai vu cet oiseau j’ai bien pensé que j’avais trouvé ce que je cherchais ».

Autres données utiles

Les éléments qui suivent sont les plus fréquents dans les descriptions ajoutées à eBird, mais dans beaucoup de cas ils ne sont pas accompagnés d’une description complète. Les éléments d’information ci-dessous, à eux seuls, ne permettent pas d’étayer suffisamment l’observation d’une espèce. Pensez à ajouter les détails indiqués plus haut sous le titre Données les plus utiles. 

 

Dites si vous connaissez déjà bien cette espèce et savez la distinguer de celles qui lui ressemblent

Si vous avez appris à bien connaître cette espèce au cours de vos voyages, il peut être bon de l’indiquer. Cependant, pour que votre mention soit validée, il ne suffit probablement pas de dire simplement que vous avez souvent vu cette espèce dans votre cour arrière. Un tel commentaire pourrait même inciter à la prudence puisqu’il semble indiquer que vous pensiez voir un oiseau commun et ne l’avez pas examiné attentivement. Les observateurs qui voyagent font souvent des erreurs d’identification parce qu’ils supposent qu’une espèce est commune alors qu’elle est rare dans la région qu’ils visitent.

 

Cet individu a-t-il déjà été observé?

Si vous croyez avoir vu de nouveau un oiseau déjà observé précédemment, il est important de l’indiquer. Même si vous n’en êtes pas certain, veuillez faire mention de vos doutes, p. ex. « c’est peut-être l’oiseau qui a été vu ici il y a un mois ». À l’inverse, si ce n’est pas l’individu qui a déjà été observé mais qu’il pourrait être confondu avec celui-ci, dites-le également, p. ex. « ce n’est pas l’oiseau qui a été observé ici il y a un mois, c’était un adulte alors que celui-ci est un juvénile ». Parfois, il suffit de dire très brièvement qu’il s’agit d’un oiseau qu’on connaît (« déjà observé »). Si vous avez des photos, ajoutez un commentaire tel que : « oiseau observé à plusieurs reprises, photos à venir sous peu ». Bien entendu il n’est jamais mauvais d’ajouter de l’information à une mention d’un oiseau rare déjà connu. Ces données deviennent particulièrement précieuses si vous êtes la dernière personne à observer cet individu.

 

Dans quel habitat l’oiseau se trouvait-il?

Certaines espèces se limitent à des habitats bien précis, et il peut être difficile de savoir dans quel habitat se trouvait un oiseau à partir du lieu de l’observation. Les indications sur l’altitude, le type d’habitat, la végétation dominante, les plans d’eau voisins, etc. peuvent être très utiles.

 

Où l’oiseau était perché, quand il s’est envolé

Exemple : « L’oiseau était perché sur un chêne mort à 300 pieds de la deuxième chute, à environ 2 pieds du sol. Lorsqu’il m’a vu arriver dans la courbe, il est resté environ 10 secondes avant de s’envoler. » Il est utile d’indiquer exactement où l’oiseau se trouvait à l’intention des personnes qui souhaiteraient le chercher, et la description de son comportement peut servir aux fins d’évaluation de la mention. Mais pour une observation qui serait marquée d’un indicateur, cela ne suffira pas.

 

Distance de l’oiseau, éclairage, appareils optiques, durée de l’observation

Ces détails et d’autres du même genre peuvent avoir une certaine importance, notamment en ce qui concerne les observations très rares, et ils sont souvent requis par les comités des mentions.

 

Récit d’importance secondaire

Les récits d’importance secondaire ont leur valeur, ils situent le contexte de l’observation et s’ajouteront à vos souvenirs dans les années à venir. Ils contiennent parfois des informations utiles : heure, emplacement précis, temps qu’il faisait, présence d’autres observateurs, etc. Cependant ils n’ont généralement pas une grande utilité pour ceux qui sont chargés d’évaluer l’observation, parce qu’ils ne disent rien de l’oiseau lui-même. Exemple : « J’aidais aux préparatifs des noces de mon cousin Bob, quand j’ai décidé d’aller me promener un peu. Je suivais le ruisseau très lentement parce que le sol était boueux et que je rêvassais... lorsque j’ai aperçu l’oiseau! » 

 

Nous remercions vivement la réviseur Lauren Harter qui a rédigé une bonne partie de cet article.